Plateau nu, un écran, trois danseuses et trois acteurs… Sans esbroufe ni pathos, au plus près de l’écoute et du regard du spectateur, le tangible touche à l’expérience vécue du Moyen-Orient. La trame se tisse à partir d’un échange épistolaire : il est palestinien, elle, syrienne… Ils sont séparés par l’enfermement. De leurs mots simples surgit l’intime d’une situation politique où la guerre filtre partout. Les images abstraites, Bagdad, Beyrouth ou Gaza, offrent un paysage à la pensée, entrent en dialogue avec la danse qui, de gestes amples en secousses, raconte ce désarroi. L’univers sonore et les interventions de Franck Vercruyssen complètent cette déambulation sensible, plus politique que n’importe quelle démonstration frontale. Une déclaration d’amour au berceau de la civilisation, ce « croissant fertile » aujourd’hui blessé, piétiné, malmené…